domingo, 17 de maio de 2015

LIBERATION 14 DE MAIO DE 2015

EDITORIAL



Sensations

ALEXANDRA SCHWARTZBROD


Il subsiste en France une inégalité criante, dont on parle très peu, c’est l’inégalité devant le plaisir. Les handicapés le savent bien qui finissent par ne plus connaître de leur corps que douleurs et gestes froids des soins quotidiens. Comment aider des femmes et des hommes incapables de bouger, et donc de se toucher sans l’aide de quelqu’un, à découvrir leur corps et les sensations agréables que celui-ci peut leur procurer ? Comment le faire surtout sans impliquer les proches que ces désirs ne regardent pas ? En ayant recours à des assistants formés pour ce job et surtout rémunérés. Pourquoi ? Parce que les handicapés vivent pour la plupart dans une grande solitude affective et que le pire serait l’attachement, plus cruel encore que le manque quand il n’est pas assouvi. Payer permet de surmonter cet écueil. Même François Hollande s’est ému de ce sujet en 2012, promettant un «vrai débat public» avant de réaliser que le plaisir pour tous risquait de lui valoir autant de retours de bâton que le mariage pour tous. Et d’enterrer le projet. Résultat, la France est un des rares pays occidentaux à laisser les handicapés se débrouiller avec leur solitude et leurs frustrations au nom de la «non-marchandisation des corps». Si nous choisissons d’y consacrer quatre pages, c’est d’abord pour dire qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, et ensuite pour expliquer précisément de quoi il retourne car, comme souvent, la peur et le blocage découlent de l’ignorance. Il ne s’agit en aucun cas d’imposer quoi que ce soit, mais de laisser la possibilité de choisir à des femmes et des hommes souvent privés de la moindre liberté.


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